C’est comment qu’on freine ?
(J’voudrais descendre de là)
Acrylique sur toile
60 x 60 cm
Meetooc
Je suis née dans un monde où l’on apprenait aux femmes à plaire.
Je peins dans un monde où elles apprennent à dire non.
Entre ces deux phrases s’étend toute une vie.
J’ai connu le temps où la séduction semblait être une évidence, presque un devoir. Puis sont venus les écrans, les profils, les algorithmes, les promesses de rencontres infinies. Et, plus tard, la déflagration de #MeToo. Les mots ont changé. Les regards aussi. Ce qui était tu est devenu dicible. Ce qui paraissait normal s’est parfois révélé insupportable.
Pourtant, le désir n’a pas disparu.
Comment continuer à chercher l’autre lorsque l’on a appris à reconnaître ce qui peut blesser ? Comment demeurer disponible à la rencontre sans renoncer à sa liberté ? Comment croire encore à l’amour sans effacer ce que l’expérience nous a enseigné ?
Meetooc est né de cette contradiction.
Ce mot n’existe pas. C’est précisément pour cela qu’il était nécessaire. Il réunit Meetic et #MeToo sans les réconcilier. Il les laisse se heurter, se contaminer, dialoguer. Il dit la coexistence de deux réalités que l’on voudrait souvent séparer : le désir de rencontrer des hommes et la nécessité de regarder en face les violences que certaines femmes ont subies. Entre ces deux pôles, il n’y a pas un choix à faire. Il y a une existence à inventer.
Je ne peins ni des victimes, ni des coupables. Je peins un espace d’incertitude. Celui où les gestes, les regards, les attentes, les peurs et les élans ne cessent de se recomposer. Un territoire où la confiance est devenue une décision consciente plutôt qu’une innocence.
La peinture accepte ce que les discours simplifient. Elle ne tranche pas. Elle accueille les contradictions. Elle sait que l’on peut être lucide sans devenir cynique, blessée sans renoncer à aimer, libre sans cesser d’espérer.
Meetooc est peut-être cela : le portrait d’une femme qui continue d’avancer entre deux époques. Une femme qui n’a pas oublié ce qu’on lui a appris, mais qui choisit désormais elle-même ce qu’elle veut transmettre.
Car il reste, malgré tout, cette question obstinée, fragile et magnifique : comment rencontrer l’autre, maintenant ?
C’est comment qu’on freine ?
Technique mixte sur toile
60 x 60 cm
Meetooc
Je suis née dans un monde où l’on apprenait aux femmes à plaire.
Je peins dans un monde où elles apprennent à dire non.
Entre ces deux phrases s’étend toute une vie.
J’ai connu le temps où la séduction semblait être une évidence, presque un devoir. Puis sont venus les écrans, les profils, les algorithmes, les promesses de rencontres infinies. Et, plus tard, la déflagration de #MeToo. Les mots ont changé. Les regards aussi. Ce qui était tu est devenu dicible. Ce qui paraissait normal s’est parfois révélé insupportable.
Pourtant, le désir n’a pas disparu.
Comment continuer à chercher l’autre lorsque l’on a appris à reconnaître ce qui peut blesser ? Comment demeurer disponible à la rencontre sans renoncer à sa liberté ? Comment croire encore à l’amour sans effacer ce que l’expérience nous a enseigné ?
Meetooc est né de cette contradiction.
Ce mot n’existe pas. C’est précisément pour cela qu’il était nécessaire. Il réunit Meetic et #MeToo sans les réconcilier. Il les laisse se heurter, se contaminer, dialoguer. Il dit la coexistence de deux réalités que l’on voudrait souvent séparer : le désir de rencontrer des hommes et la nécessité de regarder en face les violences que certaines femmes ont subies. Entre ces deux pôles, il n’y a pas un choix à faire. Il y a une existence à inventer.
Je ne peins ni des victimes, ni des coupables. Je peins un espace d’incertitude. Celui où les gestes, les regards, les attentes, les peurs et les élans ne cessent de se recomposer. Un territoire où la confiance est devenue une décision consciente plutôt qu’une innocence.
La peinture accepte ce que les discours simplifient. Elle ne tranche pas. Elle accueille les contradictions. Elle sait que l’on peut être lucide sans devenir cynique, blessée sans renoncer à aimer, libre sans cesser d’espérer.
Meetooc est peut-être cela : le portrait d’une femme qui continue d’avancer entre deux époques. Une femme qui n’a pas oublié ce qu’on lui a appris, mais qui choisit désormais elle-même ce qu’elle veut transmettre.
Car il reste, malgré tout, cette question obstinée, fragile et magnifique : comment rencontrer l’autre, maintenant ?
